Voir net de près, flou de loin. Voilà le quotidien de presque un Français sur trois. La myopie touche une proportion croissante de la population mondiale, et les chiffres ne cessent de grimper depuis vingt ans. Les ophtalmologues parlent même d'épidémie silencieuse. L'œil myope est trop long : l'image se forme en avant de la rétine au lieu de se poser pile dessus. Résultat, tout ce qui se trouve à plus de quelques mètres se noie dans un brouillard frustrant.
Pourquoi devient-on myope ?
La génétique pèse lourd. Deux parents myopes multiplient par six le risque chez l'enfant. Mais les gènes n'expliquent pas tout. Le mode de vie moderne (écrans omniprésents, travail en vision rapprochée, temps insuffisant passé en extérieur) accélère l'allongement du globe oculaire pendant la croissance. Des études menées à Taïwan et en Australie montrent qu'une heure supplémentaire de lumière naturelle par jour réduit la progression de la myopie de 10 à 15 % chez les enfants scolarisés. La lumière du soleil stimule la dopamine rétinienne, un frein naturel à l'élongation axiale de l'œil.
Les options de correction myopie disponibles
Corriger la myopie revient à ramener le point focal sur la rétine. Plusieurs voies existent, chacune avec ses avantages et ses limites :
- Lunettes à verres concaves : solution la plus simple, accessible dès le plus jeune âge, sans risque infectieux. Le choix de la monture et du traitement antireflet conditionne le confort au quotidien.
- Lentilles de contact souples ou rigides : champ visuel élargi, liberté de mouvement. Elles exigent toutefois une hygiène irréprochable pour éviter kératites et conjonctivites.
- Orthokératologie (lentilles de nuit) : portées pendant le sommeil, elles remodelent temporairement la cornée. Au réveil, la vision est nette sans aucun équipement. Cette technique freine aussi la progression chez les jeunes myopes.
- Chirurgie réfractive (LASIK, PKR, SMILE) : le laser sculpte la cornée pour modifier sa courbure. Résultat souvent spectaculaire, mais la correction myopie chirurgicale suppose un bilan préopératoire rigoureux et une stabilisation du défaut depuis au moins deux ans.
Freiner la myopie chez l'enfant : agir tôt
Attendre que la myopie se stabilise à l'âge adulte, c'est laisser l'œil s'allonger sans réagir. Or un œil très long expose à des complications graves : décollement de rétine, maculopathie myopique, glaucome précoce. La prévention commence dès l'école primaire. Collyres d'atropine faiblement dosée, lentilles de freinationmyopique, verres de défocalisation périphérique : ces stratégies, validées par des essais cliniques solides, ralentissent la progression de 30 à 60 %. Le suivi ophtalmologique régulier reste la clé : mesurer la longueur axiale de l'œil chaque année permet d'adapter le traitement en temps réel.
Vivre avec la myopie n'est pas une fatalité figée. Les avancées en optique, en pharmacologie et en chirurgie offrent aujourd'hui un arsenal complet pour corriger le flou, ralentir la progression et protéger la rétine sur le long terme. Encore faut-il ne pas laisser traîner les choses : un contrôle visuel annuel chez l'ophtalmologue, c'est vingt minutes qui peuvent changer la trajectoire de votre vue.






