Se débarrasser de ses lunettes en quinze minutes par œil. Ce qui ressemblait à de la science-fiction il y a trente ans est devenu une routine chirurgicale maîtrisée. La chirurgie réfractive corrige la myopie, l'hypermétropie, l'astigmatisme et même la presbytie en remodelant la cornée au laser. Chaque année, plus de 200 000 interventions sont pratiquées en France, et le taux de satisfaction dépasse 95 %.
LASIK : la technique la plus répandue
Le LASIK repose sur un principe élégant : découper un volet superficiel dans la cornée (le flap), soulever ce volet, remodeler le tissu sous-jacent au laser excimer, puis replacer le volet qui adhère naturellement sans suture. L'intervention dure entre sept et douze minutes par œil. La récupération visuelle est spectaculaire : la plupart des patients voient net dès le lendemain.
Avantages du LASIK :
- Douleur quasi nulle après l'intervention, grâce à l'anesthésie locale par collyre.
- Retour aux activités normales en 24 à 48 heures.
- Résultats stables à long terme pour les myopies jusqu'à -8 dioptries environ.
PKR et SMILE : les alternatives
La PKR (photokératectomie réfractive) est la doyenne des techniques laser. Pas de volet cornéen ici : le chirurgien retire l'épithélium de surface puis sculpte directement la cornée. La récupération est plus lente : comptez trois à cinq jours d'inconfort avec des larmoiements et une sensibilité à la lumière, mais la PKR reste privilégiée quand la cornée est trop fine pour un LASIK.
Le SMILE (Small Incision Lenticule Extraction) représente la dernière génération. Un laser femtoseconde découpe un lenticule de tissu à l'intérieur de la cornée, extrait par une micro-incision de 2 à 4 mm. Pas de volet, moins de sécheresse postopératoire, une biomécanique cornéenne mieux préservée. Cette technique gagne du terrain pour la correction de la myopie et de l'astigmatisme.
Le bilan préopératoire : l'étape décisive
Aucun chirurgien sérieux n'opère sans un bilan complet. La topographie cornéenne cartographie la surface de la cornée au micromètre près. La pachymétrie mesure son épaisseur : en dessous de 500 microns, le LASIK est contre-indiqué. L'aberrométrie analyse les défauts optiques de l'œil au-delà de la simple correction en dioptries. La pupillométrie évalue le diamètre pupillaire en faible luminosité, car une pupille très large augmente le risque de halos nocturnes postopératoires.
Le bilan permet aussi d'écarter les contre-indications formelles :
- Kératocône évolutif : la cornée se déforme et ne supporterait pas l'amincissement.
- Grossesse ou allaitement : les fluctuations hormonales modifient la réfraction.
- Pathologies auto-immunes sévères : cicatrisation imprévisible.
- Myopie non stabilisée : opération des yeux uniquement après 18 ans et au moins un an de correction stable.
Après l'opération : les semaines qui comptent
Les premières heures, les yeux larmoient et piquent légèrement. Des coques de protection sont portées la nuit pendant une semaine pour éviter tout frottement involontaire. Le collyre antibiotique et anti-inflammatoire prescrit doit être instillé rigoureusement selon le protocole : pas de freestyle. Évitez piscine, sauna et maquillage des yeux pendant deux semaines. La vision se stabilise définitivement entre un et trois mois, selon la technique et l'importance de la correction. Un contrôle à J+1, J+7 et à un mois permet de vérifier que la cicatrisation se déroule sans accroc.






